Mathilde Montovert et Vincent Breynaert, religieux engagés dans la communauté du Chemin Neuf et en mission sur la paroisse de Vincennes, ont accueilli une délégation de jeunes Ukrainiens pour les rencontres européennes de Taizé. Ils nous partagent ce qu’ils ont vécu.

Les rencontres européennes de Taizé, qui se tiennent tous les ans dans une capitale européenne pendant la semaine du nouvel an, avaient lieu cette année à Paris. 15 000 jeunes y ont été accueillis, venant de nombreux pays. La présence toute particulière de 1000 Ukrainiens a marqué l’évènement. La paroisse de Vincennes a accueilli six jeunes mineurs ukrainiens sur le presbytère et une cinquantaine d’autres ont été pris en charge sur le doyenné.

La semaine a été rythmée par des offices portés par les frères de Taizé dans différents lieux à Paris, deux grandes veillées au stade de Bercy et une soirée dite « des nations » pour le nouvel an. « Nous avons vécu une magnifique semaine portée par la prière et la fraternité. Cela a été pour nous une intense collaboration entre nos deux communautés, dans un esprit de prière œcuménique avec nos différentes églises et de prière pour la paix entre les nations » explique Mathilde Montovert.  

Vincent Breynaert est le curé de la paroisse de Vincennes. Pour lui, deux moments marquants ont été vécus avec ces jeunes invités. Lors de la messe du 1ᵉʳ janvier 2026, au moment de la bénédiction d’Aaron (Livre des Nombres au chapitre 6, versets 24-26), les Ukrainiens se sont mis d’un côté de l’église et les paroissiens de l’autre. « Nous nous sommes bénis mutuellement. Les membres de la paroisse ont béni les Ukrainiens et inversement. C’était très beau » raconte le Père Vincent.

Après la messe, les fidèles étaient conviés à un repas partagé, préparé par les paroissiens. Une habituée de l’église a offert à chaque Ukrainien une boîte de chocolat. « Quand j’ai vu le chocolatier parisien, je me suis dit qu’elle a cassé sa tirelire pour offrir ce présent », s’étonne le curé. « Cette paroissienne est russe mais elle ne souhaitait pas dévoiler son identité. Elle voulait offrir ce cadeau discrètement pour les jeunes d’Ukraine » partage Vincent Breynaert.

Marie, jeune diplômée, a participé à l’édition 2025-2026 des rencontres européennes de Taizé. Elle nous partage comment ce rassemblement l’a rejoint.

Que cherchez-vous ? (Jn 1, 38)
La force de cette interpellation a donné le ton à cette 48ᵉ édition des rencontres européennes de jeunes organisée par la communauté de Taizé. Cette expérience de fraternité se déroulait cette année à Paris et sa périphérie. J’ai donc décidé d’y participer et ai vécu les derniers jours de décembre et le passage à 2026 avec 15 000 jeunes venus du monde entier (Europe principalement).

C’était une première pour moi ! 2 mois après, ce qui reste dans mon cœur a une saveur d’unité. Je pense précisément à la prière du soir du 31 décembre. Nous étions rassemblés à l’Accor Arena de Bercy. Imaginez des milliers de personnes qui ne se connaissent pas. Ils sont de pays, de langues, de confessions différentes et chantent d’une seule voix en arabe « Abana fy yadayka » (« Père entre tes mains je remets mon esprit »). La musique étant le moyen privilégié par lequel je rencontre Dieu, j’ai donc été très portée par ce moment. J’ai pensé : « quel témoignage de paix et d’unité nous donnons au monde ! »

Vivre cette expérience était aussi pour moi une histoire de rencontres. La beauté des rencontres simples m’a touché. Avec les autres et avec l’Autre. Bref, vous pouvez comprendre que je suis très attachée et fascinée par les liens qui unissent les personnes entre elles ; encore plus à celui qui me relie à la Source.
Aidée par la liturgie de Taizé, j’ai pu descendre en moi pour Le retrouver et l’entendre me dire « Qui cherches-tu ? ». Je vous souhaite d’entendre cette interpellation.